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Article Porc Mag sept 2025 - Tout l'élevage a été converti aux acidifiants, via la soupe ou l'eau de boisson
SCEA du Pont-Lay

« Nous avons commencé l’acidification en 2017 pour résoudre des problèmes digestifs en engraissement. L’effet sur l’augmentation de la consommation a été tel que cela nous a incité à acidifier également la soupe des truies gestantes, avec succès. »

SCEA Du Pont-Lay, Plouvara (22)

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Tout l'élevage a été converti aux acidifiants, via la soupe ou l'eau de boisson.

Publié : sept. 2025 
Auteur : Françoise Foucher

À la fin du post-sevrage, les porcs de la SCEA du Pont-Lay sont divisés en 2 lots ; une moitié reste sur place, l’autre part à quelques kilomètres sur le second site. Les premiers sont engraissés en soupe ; les autres en sec. « Dans la soupe, ils reçoivent l’acidifiant Vitacid pendant toute la durée d’engraissement, explique Clémence Hillion-Le Manchec, associée à son époux Cyril. Nous avons commencé l’acidification en 2017 pour résoudre des problèmes d’iléite en engraissement. L’effet sur l’augmentation de la consommation a été tel que les truies gestantes, également nourries en soupe, ont, elles aussi, rapidement vu leur soupe acidifiée. »

Ce sera bientôt le tour des truies allaitantes, qui attendent la mise en route d’une nouvelle maternité liberté. « Ici, la base de l’alimentation est le maïs humide, commente l’éleveuse. Nous avons choisi pour la maternité liberté une alimentation soupe afin de pouvoir incorporer du maïs et assurer ainsi une continuité de leur régime entre les différents stades d’élevage. La base de maïs humide acidifié en soupe nous paraît la recette idéale pour stimuler la consommation et donc la lactation et préserver l’appareil urinaire. »

Depuis juin 2024, les porcelets en post-sevrage reçoivent eux aussi des acidifiants mais via leur eau de boisson (Vitacid HP) : « Depuis que nous l’utilisons nous n’avons plus d’animaux “creux”, ces petits qu’il faut repérer dans une case et auxquels il faut porter davantage d’attention. Ils sont source de stress et dégradent l’homogénéité d’un lot. » Clémence Hillion-Le Manchec estime avoir divisé par 2 voire 3 ses pertes en PS.

« L’arrivée des acidifiants dans l’alimentation animale remonte à la fin des années 1990 dans le contexte de l’arrêt des antibiotiques en tant que facteurs de croissance », rappelle Gilbert Le Calvez, fondateur de l’entreprise VITALAC. L’époque est alors à la sécurisation digestive des formules : « C’est loin derrière nous tout ça, on a du mal à se rappeler les soucis rencontrés à l’époque parce que justement l’acidification a contribué à les faire disparaître », se remémore Gérard Malargé, commercial VITALAC qui accompagne la SCEA du Pont-Lay. Vitacid a reçu un premier Innov’Space en 1996 sous sa forme poudre puis un second en 2001 pour sa forme liquide.

C’est en rachetant l’entreprise CCA, Compagnie chimique d’Aquitaine en 2000 que Vitalac, spécialisé alors dans la production d’aliments pour porcelets et de complémentaires pour la Faf, a véritablement pris le virage des acidifiants : « CCA nous a apporté le savoir-faire dans la fabrication des mélanges d’acides et la mise sur support », explique Gilbert Le Calvez en présentant l’unité U2, la partie de l’usine de Carnoët (22) dédiée à leur production.

« La gamme Vitacid se décline aujourd’hui en plusieurs spécialités utilisables dans l’aliment, dans la soupe ou l’eau de boisson, énumère Gérard Malargé. Elle associe 3 à 4 acides différents. »

« L’acide phosphorique par exemple est un acide minéral fort, explique Erwan Picolo, responsable de la gamme porc chez VITALAC. Le propionate, lui, est un acide organique faible. Tout dépend de la manière dont ils restituent leurs ions dans le milieu. Un acide fort va faire chuter le pH stomacal rapidement, permettant aux acides organiques de jouer leur rôle bactéricide en pénétrant dans les cellules pathogènes en traversant les membranes par osmose dans un milieu à faible pH, assurant un environnement digestif optimum. »

Le dernier né de la gamme Vitacid est un mélange d’acides organiques et d’acides gras à chaîne moyenne : « Ils ont une capacité à cibler plus de pathogènes », explique Erwan Picolo.

« On observe une nouvelle orientation de l’usage des acidifiants, relève aussi Gilbert Le Calvez : pour leur vocation sanitaire. Ils sont utiles pour le traitement des matières premières et sont enregistrés réglementairement comme des conservateurs. »

« Dans une machine à soupe, l’utilisation régulière d’acidifiant contribue à l’hygiène de l’équipement, cuve et tuyau, ajoute Gérard Malargé. L’administration régulière d’acidifiants crée un biofilm favorable qui stabilise la flore bactérienne de la soupe, particulièrement dans les systèmes avec pré-soupe. » 

 

L’acidification, principe de base de la digestion

L’acidification du régime alimentaire ce n’est rien d’autre que ce qui se passe naturellement dans l’estomac ! C’est encore plus vrai chez les porcelets, dont les fonctions digestives sont encore immatures, qui n’arrivent pas à réguler leur pH stomacal. Or la pepsine, qui permet l’assimilation des peptides issus de protéines, nécessite un milieu acide pour être active.