L'été 2026 a été marqué par plusieurs épisodes de chaleur successifs. Une fois les températures redescendues, peut-on considérer que le risque est derrière nous pour les vaches ?

"Dans les années précédentes, ont été observés des pics de stress thermiques importants sur les mois de septembre, et même parfois jusqu’à début octobre. Nous ne sommes donc pas sortis de la période à risque.

Le graphique ci-contre illustre l’évolution du niveau de stress thermique subi par les vaches au cours d’une journée, et met en évidence la part de temps passée à différents niveaux de stress."            

Graphique temsp de stress.png

Quels sont les effets différés du stress thermique auxquels les éleveurs doivent rester attentifs dans les prochaines semaines ?

"Le stress thermique n’a pas que des conséquences à court terme :

Dans les troupeaux les plus touchés par le stress thermique, par exemple dans des bâtiments trop fermés et mal ventilés, la production mettra parfois plusieurs semaines avant de revenir à un niveau normal.

Les vaches ont tendance à mobiliser leurs réserves corporelles pour faire face aux besoins énergétiques et protéiques plus élevés en période de stress thermique. Leur foie, qui transforme leurs graisses de réserve en énergie utilisable pour les cellules, a été fortement mobilisé. Une cure d’hépato protecteurs (choline, bétaïne, méthionine sous des formes rumino-protégées) permet bien souvent d’augmenter les ingestions et par là, de reprendre un peu de lait.

La fertilité des vaches a été altérée pendant tout l’été, avec des cyclicités perturbées, des chaleurs invisibles et des baisses de taux de conception, quand les vaches exprimaient leurs chaleurs. Il faut donc s’attendre à un manque de vêlages au printemps. Il est possible d’y remédier en anticipant, si on a la possibilité d’inséminer plus de génisses pendant l’été, via des protocoles de synchronisation.

Enfin, il faut prévoir une augmentation du risque de boiteries en fin d’été. Les vaches ont passé beaucoup de temps debout, pour se refroidir plus efficacement, et ce particulièrement quand les bâtiments sont mal ventilés. Cela provoque, via l’excès de poids mis sur les pieds, une augmentation des boiteries de type ulcères & abcès. De même, on note souvent un pic de dermatites (maladie de Mortellaro) à cette période."

La chaleur et la sécheresse ont également fortement touché les cultures. Quelles conséquences cela peut-il avoir sur les rations de cet automne ?

"Les maïs 2026 auront très probablement des digestibilités plus faibles que les années précédentes, de par une lignification plus importante de la plante en conditions de stress thermique. Dans certaines parcelles, les épis n’étaient pas bien remplis, voire mal fécondés, ce qui pénalisera le taux d’amidon. Ces 2 éléments auront pour conséquence une baisse du rendement laitier à ingestion de fourrage équivalente.

Enfin, la principale conséquence de cette saison de sécheresse sera la baisse importante de rendement, qui fera craindre des stocks insuffisants pour boucler l’année. Pour faire face à ce risque, on peut d’ores et déjà prévoir de stocker des céréales, ou d’acheter des coproduits de type pulpe de betterave, coque de soja, gluten feed, drèches, quand ils sont disponibles. Si les conditions sont réunies, prévoir des coupes d’herbe d’automne. L’achat de foin et de paille est aussi une option."

Dans ce contexte, quel intérêt les éleveurs peuvent-ils avoir à conserver et mieux valoriser leurs propres céréales ?

"Le stockage et l’utilisation de ses propres céréales, quand il est envisageable, est une alternative moins couteuse que l’achat pour compenser le manque d’amidon dû à un maïs de mauvaise qualité ou à une réduction de la quantité de maïs ensilage dans la ration.

On peut prévoir, afin de le rendre non acidogène et d’en améliorer la valeur protéique et énergétique, de le traiter avec du XL GRAIN. Les avantages sont un gain de 5 points de protéine en moyenne par kg de MS (soit un blé à environ 17% MAT), ainsi qu’une réduction importante du risque d’acidose ruminale via une activité tampon propre. On peut ainsi utiliser plusieurs kilogrammes de céréale traitée, sans risque, dans la ration des laitières. Le traitement se fait soit dans la mélangeuse, soit via un broyeur équipé d’un incorporateur, ou bien encore via un camion usine.

Il faut ensuite stocker la céréale durant le temps de la réaction, qui prend 2 à 3 semaines, avant de pouvoir l’incorporer dans la ration. Il faut compter une soixantaine d’euros par tonne de céréales, entre le broyage et le traitement, ce qui reste moins cher que l’achat de coproduits à niveau protéique équivalent."